Les Millennials mangent plus de poissons que les séniors

Les «Millennials» sont les plus gros consommateurs de poissons et crustacés en France.

Cast Iron skillet with sauteed fish in a cream sauce with herbsD’après un rapport du Norwegian Seafood Council, cette génération née dans les années 1980 et 1990 serait la plus friande de produits de la mer. Une tendance surprenante alors que les plus gros mangeurs sont habituellement les seniors.

Quand il s’agit de manger du poisson, les Français vont à contre-courant. Selon une étude menée par Kantar TNS et le Norwegian Seafood Council (Centre des produits de la mer de Norvège), les plus gros mangeurs de poissons, crustacés et autres produits de la mer dans l’Hexagone en 2018 sont en effet les «Millennials», la génération née entre 1981 et 1996.

La France est en effet un cas très particulier puisque ce sont généralement les seniors qui en consomment le plus. Leur situation financière souvent plus aisée, leur plus grande disponibilité, liée à la retraite, pour cuisiner et préparer les produits ainsi qu’un plus grand souci d’adopter une alimentation équilibrée afin de préserver leur santé expliquent en grande partie ce fait, selon l’étude du NSC.

En France, les «baby-boomers» mangent pourtant de moins en moins fréquemment de produits de la mer. Leur consommation a chuté de 86 à 69 repas annuels, entre 2013 et 2018, et ainsi été dépassée par celle de la nouvelle génération, qui a, elle, connu une hausse de 58 repas annuels à 72 sur la même période.

Consommer moins mais plus fréquemment

La progression des «Millennials» est d’autant plus surprenante que la consommation française globale a tendance à diminuer depuis plusieurs années. Mais si les Français mangent moins de poisson – 34 kg en moyenne par an et par personne en 2018 contre 36 kg en 2011 -, l’accent est de plus en plus mis sur la fréquence de consommation et sur la qualité, en particulier chez cette génération adepte du «manger moins mais mieux».

«Les consommateurs commencent à prendre conscience que ce que nous mangeons a un impact sur la santé et l’environnement. Face à la tendance qui veut qu’on mange plus de légumes et moins de viande, le poisson a toujours sa place, en raison de sa meilleure durabilité face aux autres sources de protéines animales», explique Maria Grimstad de Perlinghi, directrice France de Norwegian Seafood Council.

43% des personnes interrogées dans le cadre de l’étude jugent en effet «très important» de faire des choix dans leur alimentation qui soient à la fois bons pour la santé et l’environnement. Cette tendance est portée principalement par les Millennials qui demandent toujours plus d’informations sur ce qu’ils mettent dans leurs assiettes.

Ainsi, si cette génération est habituellement très présente sur Internet, y compris lorsqu’il s’agit de faire ses courses alimentaires, ils deviennent plus réticents à acheter leurs produits de la mer en ligne. Parmi les raisons avancées, une volonté de pouvoir voir et choisir soi-même le produit que l’on va manger ainsi qu’une méfiance vis-à-vis de la chaîne du froid ou vendeur.

«La France a souvent un pas d’avance sur les questions d’alimentation»

A dish with spinach, fish and lemons on a set tablePour la directrice France de NSC, cette attention croissante à la qualité des produits consommés est liée à la bonne compréhension des enjeux liés à la santé dans l’Hexagone par rapport à d’autres. «La France a souvent une longueur d’avance sur les questions d’alimentation. Le marché français est très observé sur ces sujets car il est souvent précurseur».

Si la France occupe une position particulière sur la marche européenne, sa consommation de produits de la mer reste bien moindre que celles de ses voisins, en dessous de ce qui est conseillé pour bénéficier des vertus des produits de la mer pour l’organisme.

Avec seulement 34% des Français qui respectent la recommandation des autorités sanitaires, au moins deux repas à base de poisson par semaine, elle se classe loin derrière la Portugal (75%), la Norvège (71%), l’Espagne (67%), l’Italie (48%) et même la Grande-Bretagne (43%). Seule l’Allemagne fait moins bien avec 31%.

Sources : Le Figaro, Seafood France et Kantar TNS

Crédits : Jennifer Pallian et Lauren Lester Davide Cantelli on Unsplash

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