Les impacts à long terme du Covid-19 sur les comportements alimentaires

EIT Food, soutenue par l’Institut Européen d’Innovation et de Technologie (EIT), a publié un nouveau rapport sur l’impact du COVID-19 sur les comportements alimentaires des consommateurs.

Une enquête menée auprès de 5 000 consommateurs dans dix pays européens montre que les mesures de confinement pourraient avoir modifié des comportements alimentaires à long terme, en particulier en ce qui concerne l’achat, la préparation des repas et les habitudes alimentaires.

Cette étude a été réalisée par un consortium d’universités européennes sous la direction de l’université d’Aarhus au Danemark. Les dix pays enquêtés sont l’Espagne, la Suède, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Pologne, l’Italie, la France, la Grèce, la Finlande et la Roumanie.

Ce nouveau rapport paraît quelques mois seulement après que la Commission européenne ai publié la stratégie Farm to Fork, une stratégie décisive qui appelle à la mise en place d’un environnement alimentaire qui donne aux consommateurs les moyens de choisir des régimes sains et durables, tout en garantissant une alimentation suffisante et abordable.

Selon le professeur Klaus Grunert, chef de section du département de management de l’université d’Aarhus : « Notre étude montre que la COVID-19 a changé la façon dont les gens achètent, planifient et consomment la nourriture. Cette pandémie aura au moins permis l’essor de plusieurs tendances positives, notamment en matière de durabilité et de santé. Pour le secteur agroalimentaire, c’est une réelle opportunité d’innover afin de répondre aux besoins des consommateurs, par exemple en proposant de nouvelles façons de consommer la nourriture à la maison ou en faisant évoluer l’expérience d’achat en ligne. »

Les consommateurs français sont plus prudents et cuisinent davantage

Un peu plus de la moitié (52 %) des consommateurs en France ont déclaré avoir connu des difficultés financières pendant la pandémie de COVID-19, soit à peine moins que la moyenne européenne située à 54 %.

Le changement le plus marquant est la prudence accrue dont font preuve les consommateurs dans leurs comportements d’achat. Ils sont en effet plus d’un tiers à planifier plus soigneusement leurs courses (37 %) ou leurs achats en gros (38 %). C’est également chez les consommateurs français que l’on constate la plus forte augmentation des achats directs auprès des producteurs et des fournisseurs (38 %), soit 12 % de plus que la moyenne européenne.

En France, comme dans le reste de l’Europe, on observe que la population a passé plus de temps à cuisiner (36 %) et à essayer de nouvelles recettes (35 %). Plus de huit consommateurs sur dix en France ont l’intention de garder ces habitudes après la pandémie.

COVID 19 study Infographic.jpg83.jpg15 - EIT FOOD révèle l’impact à long terme du COVID-19 sur les comportements alimentaires en France

Évolution des comportements alimentaires des consommateurs en Europe

Les consommateurs à travers toute l’Europe ont souffert de difficultés financières pendant la pandémie de COVID-19. Un tiers (34 %) des sondés ont perdu une partie ou la totalité de leurs revenus et plus de la moitié (55 %) ont déclaré avoir du mal à joindre les deux bouts à la fin du mois.

Malgré cela, les consommateurs européens ont indiqué que leurs achats avaient augmenté dans presque toutes les catégories de produits alimentaires. Cela s’explique par le fait que le confinement dû à la COVID-19 et le développement du télétravail en Europe les ont amenés à passer plus de temps à la maison et à manger moins souvent à l’extérieur.

Ce qui a le plus changé, c’est la façon dont nous faisons nos achats : près de la moitié des consommateurs ont déclaré faire plus d’achats en ligne (45 %) ou d’achats en gros (47 %), et planifier plus soigneusement leurs courses (45 %).

Par ailleurs, les consommateurs européens cuisinent plus et sont ainsi plus d’un tiers (36 %) à avoir aimé passer du temps en cuisine pendant le confinement. Ils ont également envie de partager davantage l’expérience du repas, puisque trois personnes sur dix (29 %) mangent plus régulièrement à table avec les membres de leur foyer.

Des habitudes qui perdureront après la pandémie

D’après une enquête, la nourriture continuera à occuper une plus grande place dans nos vies après la levée du confinement. Près d’un tiers des consommateurs estiment qu’il sera plus important d’avoir le temps de cuisiner des repas faits maison (27 %) et de continuer à manger des aliments plus variés (30 %) après la pandémie.

L’accessibilité demeurera une priorité pour beaucoup, car 32 % des sondés estiment qu’il sera plus important de pouvoir acheter des aliments à bas prix. Cependant, cela ne doit pas se faire au détriment de la santé et de la qualité de l’alimentation. Au contraire, près de la moitié des consommateurs (49 %) ont déclaré qu’ils accorderaient plus d’importance à leur santé en raison de la COVID-19.

En plus de faire de leur santé une priorité, les consommateurs européens ont fait part d’un certain nombre de changements qui pourraient avoir un impact positif sur l’état de la planète. Par exemple, plus d’un tiers d’entre eux (35 %) ont déclaré qu’ils accordaient plus d’importance à l’achat d’aliments produits localement depuis la pandémie de COVID-19. Cette tendance à acheter local devrait se maintenir, puisque près de neuf personnes sur dix (87 %) déclarent qu’elles continueront très probablement à le faire.

Saskia Nuijten, directrice de communication et d’engagement public chez EIT Food, déclare : « La pandémie de COVID-19 a mis en évidence la fragilité de notre système alimentaire. Les consommateurs européens ont changé leur façon d’acheter et de consommer de la nourriture du jour au lendemain, et il semble peu probable que nous assistions à un retour à la normale après la levée du confinement. Cette étude montre que les consommateurs souhaitent accéder plus facilement à des aliments abordables, mais aussi bons pour la santé et la planète. Voici l’une des pistes que le secteur agroalimentaire peut explorer afin de contribuer au développement d’un meilleur système alimentaire de la ferme à la table. Les solutions seront le fruit de collaborations intersectorielles et nous nous réjouissons de continuer à travailler avec nos partenaires pour accélérer la transition vers un système alimentaire plus pérenne. »

Sources : Pour nourrir demain & EIT Food

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