Les grandes lignes du rapport « Internet trends 2017 » de Mary Meeker

Mary Meeker a présenté le document « Internet trends 2017 », réalisé chaque année par le cabinet KPCB. Il permet de faire le point sur les tendances du digital, des parts de marché des OS mobiles aux dépenses publicitaires.

Les chiffres Internet et mobile

Premier constat : la croissance du nombre d’internautes est stable. Selon Kleiner Perkins, on comptabilise aujourd’hui 3,4 milliards d’internautes (+10 % vs. 2016). En revanche, la croissance des ventes de smartphones ralentit pour s’établir à seulement 3 % par an, contre 10 % l’année précédente. Android s’impose d’année en année, et représente désormais plus de 80 % des smartphones vendus.

Aux USA, le temps passé sur mobile a dépassé le temps passé sur desktop en 2014. Depuis, la tendance mobile ne cesse de s’accentuer. Les Américains accèdent à Internet plus de 3 heures par jour depuis leur mobile et 2 heures depuis un PC.

Les chiffres de la publicité sur Internet

L’importance du mobile se vérifie aussi lorsqu’on observe les statistiques publicitaires. Le mobile représente désormais la majorité des dépenses des annonceurs. Le marché de la publicité en ligne accélère : la croissance s’établit à 22 % cette année.

Kleiner Perkins fournit des statistiques intéressantes au sujet de la publicité online et offline. Pour la plupart des médias, la part de temps passé par les internautes équivaut à la part des dépenses publicitaires des annonceurs (9 % pour la radio, 38 % pour la TV, 20 % pour le web…). Seul deux médias ne coïncident pas :

  • On passe 4 % de notre temps à consulter la presse papier, hors les annonceurs dépensent 12 % de leurs budgets sur ce média.
  • A contrario, on passe 28 % de notre temps à consulter notre mobile, hors les annonceurs ne dépensent « que » 21 % de leurs budgets sur ce média.

On apprend également que d’ici 6 mois, les dépenses publicitaires sur Internet (mobile inclus) auront dépassé les dépenses publicitaires à la télévision. Sur le web, le duopole Google / Facebook ne cesse de se renforcer aux États-Unis. Google conserve une avance certaine, mais la croissance de Facebook est impressionnante : les dépenses publicitaires sur Facebook ont crû de 62 % cette année. À noter que le challenge N°1 des professionnels reste la mesure de l’efficacité des publicités (ROI), mais ce constat se vérifie tout autant pour les publicités offline.

Concernant l’adblocking, les chiffres publiés cette année par PageFair ont été rappelés : les internautes sont désormais plus nombreux à bloquer des publicités sur mobile que sur desktop. Cette tendance est principalement due aux pratiques des internautes asiatiques : 1 % des Chinois et des Indiens bloquent les publicités sur PC, contre respectivement 13 % et 28 % sur mobile. A contrario, seuls 1 % des Français, Américains et Allemands bloquent des publicités sur mobile alors qu’ils sont respectivement 11 %, 18 % et 28 % à le faire sur desktop.

Vous pouvez consulter le rapport KPCB pour en savoir plus sur les différents formats publicitaires proposés, sur ce qu’ils apportent aux annonceurs (notoriété, conversion…) et sur l’appétence des internautes pour tel ou tel format.

Les tendances du jeu vidéo

KPCB fait un focus très intéressant sur l’évolution des jeux vidéo. On apprend notamment que les revenus sont principalement réalisés en Asie (47 milliards, contre 25 en Amérique du Nord et 17 en Europe). L’âge moyen du joueur est de 35 ans.

Le rapport revient en détail sur les principales innovations portées par les entreprises du jeu vidéo. On pense notamment à l’utilisation du machine learning pour déterminer de manière dynamique la difficulté des jeux vidéo. De nombreux jeux sont basés sur un schéma circulaire « début du jeu, test d’une tactique, échec, recommencement ». Les développeurs doivent doser la difficulté correctement afin que les joueurs ne soient ni ennuyés par un jeu trop simple, ni stressés par un jeu trop compliqué. Auparavant, les créateurs de jeux dosaient eux-mêmes la difficulté des jeux. Désormais, des programmes analysent le comportement des joueurs, en temps réel, en fonction de la difficulté, pour ajuster automatiquement celle des jeux proposés.

Le secteur du jeu vidéo est très innovant, il évolue beaucoup : influence du mobile, des réseaux sociaux, de la réalité virtuelle ou augmentée, statistiques personnelles, jeu en équipe… La gamification est également très utilisée dans les applications mobiles dont la vocation première n’est pas le jeu, tous secteurs confondus.

Les chiffres de l’Internet en Chine

Kleiner Perkins fait un focus sur l’Internet en Chine :

  • 700 millions de mobinautes en 2016 (+12 %)
  • Le temps passé sur smartphone est en hausse de 30 %
  • Les Chinois passent plus de temps sur smartphone que devant la TV
  • Tencent, Alibaba et Baidu se partagent le marché des applications mobiles

  • Le livestreaming rapporte davantage que les jeux vidéo et la TV
  • Le paiement mobile croît vite, WeChat Pay et AliPay se partagent le marché
  • Le chiffre d’affaires du e-commerce est en hausse de 24 %
  • Le chiffre d’affaires du m-commerce a bondi de 71 % cette année

Les chiffres du streaming musical et vidéo

Le rapport KPCB regroupe également ces faits et chiffres sur le streaming :

  • Concernant le streaming musical : l’exhaustivité du catalogue est la fonctionnalité la plus importante, les « mois gratuits » sont les leviers les plus efficaces pour obtenir des abonnés. Les revenus de l’industrie musicale repartent à la hausse, pour la première fois depuis 20 ans grâce aux services de streaming musical (Spotify, Google Play Music, Apple Music…)
  • Concernant le streaming vidéo : sur mobile, YouTube reste la plateforme N°1 et comptabilise plus de 20 % du trafic vidéo, mais sa part de marché diminue au profit de Facebook (14 %), Instagram (6 %), Snapchat (5 %) et Netflix (3 %). Depuis chez eux, les internautes utilisent principalement Netflix (35 %), YouTube (17 %) et Amazon Video (4 %).

Les chiffres des GAFAM

On termine avec ces tableaux qui montrent l’importance d’Apple, Google, Amazon, Facebook, Microsoft (GAFAM) mais également Tencent et Alibaba dans le monde. Ces entreprises sont très puissantes : 7 des 10 entreprises les plus valorisées dans le monde font partie du secteur de la tech, contre seulement 3 en 2012. À noter également l’évolution et la diversification de ces entreprises du web.

 

Sources : bdm et Mary Meeker

Image : Everypixel

Vous devriez apprécier