L’égalité hommes-femmes vue par Kantar

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, jeudi 8 mars, Kantar apporte sa pierre à l’édifice avec deux études de Kantar Public et Kantar Consulting :

Au travail, la France lanterne rouge de l’Europe (1)

Moins d’un tiers des Français(e)s interrogé(e)s (29%) pensent que l’égalité entre les femmes et les hommes est acquise au travail. Parmi 28 pays de l’Union Européenne où la moyenne s’établit à 48%, la France se place en dernière place. Ce résultat est encore plus inquiétant pour les postes de direction où seuls 25% des Français(e)s pensent que l’égalité entre les femmes et les hommes est acquise.

A l’échelle européenne, plus de la moitié des hommes (55%) pensent que l’égalité entre les femmes et les hommes est acquise au travail, contre 42% des femmes. Les hommes sont également plus susceptibles de dire qu’elle est « tout à fait » acquise (14%, contre 8% des femmes).

La moitié des hommes (50%) sont d’avis que l’égalité entre les femmes et les hommes est acquise dans les postes de direction des entreprises, contre 37% des femmes. Et près d’une femme sur cinq déclare qu’elle n’est « pas du tout » acquise (19%, contre 13% des hommes).

A l’échelle européenne, les personnes interrogées en France, en Espagne et en Italie sont systématiquement parmi les plus négatives à propos de l’égalité hommes-femmes au travail. A l’inverse, les personnes interrogées en Lettonie et en Grèce sont parmi les plus positives. Quoi qu’il en soit, dans tous ces pays les hommes sont systématiquement plus affirmatifs que les femmes au sujet de l’égalité hommes-femmes.

Des stéréotypes toujours bien vivaces

57% des Français(e)s interrogé(e)s estiment que les femmes sont plus susceptibles que les hommes de prendre des décisions en fonction de leurs émotions.

27% estiment que le rôle le plus important d’une femme est de s’occuper du foyer et de sa famille et Il n’existe pas de différences notables entre les opinions des hommes et des femmes sur ce sujet.

Seule une minorité (31%) estime que le rôle le plus important d’un homme est de gagner de l’argent. Cependant, les hommes sont plus susceptibles que les femmes de penser que cette proposition est vraie.

Nous avons calculé un indice moyen pour chaque pays : plus l’indice est élevé, plus les stéréotypes hommes-femmes sont acceptés. Les personnes interrogées en Bulgarie sont les plus susceptibles d’accepter les stéréotypes hommes-femmes (12,4), devant celles en Hongrie (11,3) et en Lituanie (10,9). A l’inverse, la propension à accepter les stéréotypes hommes-femmes est la plus faible chez les personnes interrogées en Suède (3,0), au Danemark (4,4) et aux Pays-Bas (4,6).  Le France (5,6%) résiste plutôt mieux aux stéréotypes que ces voisins d’Europe.

Tâches ménagères : inégalité toujours…

La majorité des Français(e)s interrogé(e)s (73%) pense que les femmes consacrent plus de temps que les hommes aux tâches ménagères et à la prise en charge des membres du foyer; 24% estiment que les hommes et les femmes consacrent autant de temps à ces activités et 2% sont d’avis que les hommes consacrent plus de temps que les femmes à ces activités.

Les hommes et les femmes sont majoritairement d’accord pour dire que les femmes consacrent plus de temps aux activités domestiques. Mais les femmes sont plus susceptibles d’être de cet avis (77%, contre 69% des hommes). Les hommes sont par ailleurs plus susceptibles de penser que les hommes et les femmes consacrent autant de temps à ces activités (25% contre 19%).

Et une représentation médiatique qui ne satisfait pas…

71% des Français(e)s interrogé(e)s pensent qu’il y a un problème avec la façon dont les femmes sont présentées dans les médias et la publicité. Et 59% estiment que ce problème doit être traité. Les Français dominent largement ce classement en Europe.

Les femmes sont plus susceptibles de dire qu’il y a un problème en général (59% contre 48%). Elles sont en particulier nettement plus susceptibles de dire que ce problème doit être traité (45% contre 33%). Plus de quatre hommes sur dix estiment qu’il n’y a aucun problème, tandis qu’un tiers des femmes est de cet avis (44% contre 33%).

Mais la révolte gronde (2)

L’élection de Donald Trump aux États-Unis et de nombreux scandales sexuels partout dans le monde ont fait souffler le vent de la révolte. Partout, les femmes ont exprimé un désir de changement et une volonté de prendre les choses en mains.

Kantar Consulting a analysé la perception qu’ont les femmes de leur rôle dans la société et a noté des évolutions majeures : Désir d’indépendance, prise de contrôle sur les questions financières et utilisation accrue des réseaux sociaux et des nouvelles technologies pour mieux s’organiser… Le tout à un rythme qui ne montre aucun signe de ralentissement.

Moteurs de transformation

Alors que les femmes aspirent à une société plus ouverte au changement, elles prennent également une responsabilité directe pour transformer la société. 41% des femmes interrogées déclarent préférer une société qui embrasse le changement et les nouvelles idées (un chiffre qui progresse de 5 points en France depuis 2013).

Les générations Z et Y, sont particulièrement conscientes de leur impact individuel sur la société et toujours attentives à la consommation responsable et au développement durable.

Financièrement indispensable

Le rôle de la femme comme principal contributeur financier du foyer, bien que relativement nouveau, se développe à grande vitesse. Cependant, notre recherche montre aussi que ce mouvement s’accompagne d’une pression accrue sur les questions d’emploi.

Par exemple, 51% des femmes ressentent autant de pression que les hommes pour avoir un bon travail et gagner bien sa vie.

Dans les pays riches, la participation des femmes au marché du travail augmente, soutenue par un meilleur accès à l’éducation et par l’évolution des mœurs. Néanmoins, les obstacles du monde du travail restent nombreux, et les femmes ressentent beaucoup plus que les hommes la pression des attentes sociales traditionnelles, telles que les travaux ménagers ou le soin des enfants.

Ainsi dans le monde, les femmes passent en moyenne 5,3 heures par jour sur des activités domestiques non payées contre 2,2 heure pour les hommes.

Avec des attentes en constante augmentation, le poids du stress et des responsabilités reste très inégal entre les hommes et les femmes. Tant que les hommes n’assumeront pas le même niveau de travaux domestiques que les femmes, elles continueront à être débordées sous le poids des nouvelles responsabilités qui viennent s’ajouter.

Et l’avenir ?

Cette période de transition va atteindre un point de basculement. Les femmes vont alors réclamer des changements sur les conditions de travail, et amèneront des approches plus créatives et plus flexibles sur les méthodes de travail et la gestion du temps.

Face à un tel niveau de stress au quotidien, le bien-être psychologique deviendra l’un des principaux moteurs de la productivité, incitant les entreprises à investir dans des pratiques et des politiques centrées sur la santé mentale.

Ce désir latent de « tout faire » sera une aubaine pour les produits, les services et les marques qui proposeront de faciliter la vie des femmes.

La solidarité des femmes autour des questions sociétales, mixée à une utilisation efficace des réseaux sociaux, devraient permettre l’éclosion d’une nouvelle génération de femmes politiques partout dans le monde.

C’est bien un nouveau paradigme qui se prépare.

1) Étude Kantar Public 
Le sondage a été réalisé par le réseau TNS opinion & social dans les 28 Etats membres de l’Union européenne, entre le 13 et le 26 juin 2017. Les interviews ont été menées auprès de 28 093 citoyens, issus de groupes sociaux et démographiques variés. Elles ont eu lieu en face à face à domicile, dans la langue maternelle de la personne interrogée
(2) Étude Kantar Consulting 
L’étude quantitative est issue des données de l’enquête Global MONITOR 2017. Plus de 33 000 consommateurs, âgés de plus de 13 ans ont été sondés, dans 25 marchés à travers le monde. Cette étude Kantar Constulting utilise la segmentation de l’étude Connected Life de Kantar TNS.

Source : Kantar

Vous devriez apprécier