L’automédication en Europe

Une étude compare le niveau de l’automédication, c’est-à-dire les ventes de médicaments sans ordonnance et non remboursés, dans huit pays européens.

L’automédication en France reste moins développée que dans la plupart des pays européens, a affirmé mardi 23 juin 2015 l’Afipa, l’association des industriels français du secteur, en appelant à s’inspirer de l’exemple de l’Espagne qui a largement étendu le champ des médicaments sans ordonnance. « Nous sommes surpris de voir qu’il n’y a aucune volonté politique en France de développer l’automédication alors que c’est le cas dans tous les autres pays », a déclaré le président de l’Afipa, Pascal Brossard, en présentant à la presse l’édition 2015 du « baromètre européen » de l’automédication.

Cette étude compare le niveau de l’automédication – les ventes de médicaments sans ordonnance et non remboursés – dans huit pays européens. En 2014, la part de marché de l’automédication en France (en volume) restait à la traîne avec 15,4 % (-0,3 point) pour une moyenne européenne de 32,3 %. Plusieurs pays se situent autour de 40 % : Allemagne (44,8 %), Suède (41,2 %), Belgique (38 %), Pays-Bas (37,5 %), alors que le Royaume Uni atteint même 57,8 %. L’automédication reste encore moins pratiquée en Italie (12,3 %, stable) et en Espagne (11,7 %, +3 points) qu’en France.

Le marché a été « relativement atone » en 2014, mais deux pays, l’Allemagne et l’Espagne, ont connu une croissance significative, a relevé Jean-François Derré, directeur associé du cabinet Celtipharm, qui réalise l’étude. L’Allemagne a connu en 2014 une politique de restriction du médicament à prescription obligatoire, avec la diminution des remises autorisées, qui a profité à l’automédication. L’Espagne de son côté a enregistré l’impact des mesures prises en 2012 où une vague de déremboursements a entraîné l’arrivée de nombreux médicaments sur le marché de la vente libre.

Au total, 417 spécialités, correspondant au traitement de symptômes mineurs, ont été « délistées » en Espagne, selon le pointage de Celtipharm. « En 2012, l’Espagne a fait des choix politiques forts et a mis l’automédication au cœur de la stratégie de santé publique », a souligné M. Brossard. « Ces réformes n’ont été faites que grâce à l’impulsion des autorités politiques et administratives », a-t-il ajouté. « On pourrait s’inspirer de cet exemple », a poursuivi le président de l’Afipa.

Source : Sciences et Avenir

Une autre étude sur l’automédication réalisée par l’agence Vanksen

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