La révolution numérique va bouleverser le commerce international d’ici 2030 selon l’OMC

Pour l’Organisation mondiale du commerce, la révolution numérique va accroître le commerce international de près de 35 % dans les quinze prochaines années.

Au même titre que le bateau à vapeur, le chemin de fer et le télégraphe de la révolution industrielle du début du XIXe siècle ou l’apparition des containers dans les années 1950, internet bouleverse le commerce international.

Dans son rapport annuel sur le commerce mondial, publié mercredi,  l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dessine le futur tableau des échanges commerciaux lié à la révolution technologique en cours.

Les produits technologiques en vogue

« L’internet des objets, l’intelligence artificielle, l’impression en 3D et les blockchains ont le potentiel de transformer profondément la manière dont nous commerçons, qui négocie et ce que nous échangeons », affirme le directeur général de l’OMC, Roberto Azevêdo.

Un exemple ? Le négoce des produits technologiques s’est envolé. Pour les produits de technologie de l’information, il a triplé en l’espace de vingt ans à 1.600 milliards de dollars en 2016.

Parallèlement,  le commerce de biens dits « numérisables » (CD, DVD, livres, journaux) s’est effondré. De 2,7 % du commerce mondial en 2000, la part de ces produits n’était plus que de 0,8 % en 2016. Aujourd’hui, ces produits sont consommés différemment via l’abonnement à des plates-formes de streaming, notamment.

Plus de 30 % de commerce en plus

Premier constat du rapport : la révolution numérique, indépendamment des tensions commerciales actuelles, en diminuant les coûts de transaction, devrait permettre une croissance cumulée du commerce mondial comprise entre 31 et 34 % dans les quinze prochaines années.

Deuxième constat : les technologies numériques vont accroître  la composante services du commerce .

De ce fait, l’OMC s’attend à ce que le commerce de services représente 25 % du commerce mondial en 2030 contre 21 % en 2016.

Troisième constat, la numérisation de l’économie pourrait bouleverser les chaînes internationales de production manufacturière. Internet réduit notamment les coûts de coordination des tâches dispersées parmi plusieurs pays.

Il pourrait même conduire à une  certaine relocalisation de la production . « L’impression 3D peut dans une certaine mesure se substituer aux méthodes de fabrication traditionnelles, en réduisant le besoin de production et d’assemblage externalisés, le nombre d’étapes de production et le besoin de stocks, d’entreposage et de distribution […] », souligne l’OMC.

Une redistribution des cartes

Quatrième constat et non des moindres, la révolution numérique pourrait redistribuer les avantages comparatifs des pays. La qualité de l’infrastructure numérique, la taille du marché, la réglementation en vigueur en particulier en termes de protection de la propriété intellectuelle sont autant d’éléments pouvant rebattre les cartes.

Dans ce cadre, les infrastructures énergétiques sont vitales pour qui veut développer des secteurs économiques à forte intensité numérique. « Les serveurs de prise en charge des technologies numériques dépendent […] de systèmes de refroidissement consommant de grandes quantités d’énergie », observe l’OMC.

Nécessaire coopération

Dans ce monde en proie aux bouleversements, tout le monde n’est pas à la même enseigne. Les pays développés ont incontestablement une longueur d’avance. Si les pays en développement et les pays les moins avancés rattrapent leurs retards, leur part dans le commerce mondial est appelée à grimper à 57 % en 2030 contre 46 % en 2015. Dans le cas contraire, cette part ne serait que de 51 %, prédit l’Organisation.

La révolution numérique va bouleverser le commerce mondial

L’explosion de l’ère numérique ne va pas sans poser des problèmes de coopération internationale. La protection des consommateurs et de leurs données personnelles, les risques de cyberattaque, la protection de la propriété intellectuelle nécessitent l’action des pouvoirs publics.

Les différences de régulation nationales peuvent poser des problèmes d’interopérabilité entre les pays, avertit l’OMC. De même, le risque d’une course réglementaire vers le bas, notamment en ce qui concerne la protection de la vie privée, ou l’adoption de règles à des fins protectionnistes, sont autant de sujets à traiter au niveau international.

A l’OMC, des discussions sont en cours pour faire en sorte que tous les pays soient dans le même bateau ou le même train et que la révolution numérique profite à tous.

Source : Les Echos /Richard Hiault
Site de l’OMC : ICI

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